Shin Hokuto no Ken - interviews

Tout d'abord, M. Buronson et M. Hara, vous êtes les deux réalisateurs de ce projet et pour la première fois depuis 15 ans, Hokuto no Ken sort en animé. Que pensez-vous et que ressentez-vous à ce sujet?

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Buronson: Il est vrai que cela fait 15 ans, mais avant tout, réaliser cet animé était un vrai plaisir pour moi. Je m'inquiétais des changements, certes, mais le plaisir que j'en tirais était bien plus grand.

Et la première partie est enfin terminée! Comment a évolué ce plaisir?

Buronson: Comment dire... On a réalisé ce projet dans l'optique de créer une oeuvre 100% parfaite. Nous avons donc fait de notre mieux pour nous approcher de ce 100%.

C'était difficile?

Buronson: Oui.

Tetsuo Hara: L'oeuvre originale n'est pas toute jeune mais est pourtant appréciée par beaucoup de gens encore. C'est une oeuvre qui dure. Et j'en suis vraiment ravi.

(Question posée à Gakt) J'ai entendu dire que vous étiez un grand fan de Hokuto no Ken. Je voudrais savoir quel souvenir vous avez de cet animé. Quel est votre point de vue de fan en ce qui concerne cet animé?

Gakt: Eh bien... Dernièrement, Les histoires que les hommes aiment... Ou plutôt, les personnages d'animé que les hommes aiment disparaissent peu à peu. Le cruel manque d'un personnage masculin se fait vraiment ressentir. Et je suis content de revoir un personnage tel que celui-ci. Un animé apporte toujours un soutien considérable. Et la voix de Hokuto no Ken doit s'étendre bien au-delà des frontières du Japon. Nombreux sont ceux qui souhaitent redécouvrir le monde de Hokuto no Ken et aussi la vraie valeur d'un homme.

M. Gackt, quelle image avez-vous de l'homme?

Gakt: Pour moi, un homme, c'est... Comment dire... C'est quelqu'un qui se remet en question et qui cherche à savoir jusqu'où il peut aller. De nos jours, ce genre d'homme se font rares. C'est une bonne chose qu'il y ait un modèle que l'on peut suivre pour devenir un homme.

Ce serait donc pour vous aussi l'exemple à suivre pour devenir l'homme idéal?

Gakt: Quand on est jeune, on se fait une idée de l'homme viril ou de l'homme idéal mais personne ne définit exactement comment il est. Ca pourrait être des personnes que l'on apprécie, mais ça pourrait aussi être des héros d'animé ou des personnages qui périssent pour conserver leur honneur d'homme. Dans les animés, il y a cette ''voie de l'homme''. L'existence de tels personnages est, en elle-même, un enseignement. On sait tous que la perfection n'existe pas mais on voudrait se sentir plus près de cette perfection masculine et un personnage comme celui-ci permet de se comparer à lui. Je pense qu'en ce sens ces personnages nous sont bénéfiques.

Merci Beaucoup. Le premier des trois OAVs prévus vient d'être achevé. Quand vous l'avez regardé une fois le montage fini, qu'en avez-vous pensé, M. Buronson?

Buronson: Comme c'est une trilogie, cette première partie ressemble à une introduction mais elle peut être vue
comme un film à part entière. On peut aussi y voir une prélude aux deux autres épisodes. Et personnellement, j'en suis assez satisfait.

En pourcentage, à quel point êtes-vous satisfait?

Buronson: En tant que réalisateur, je ne peux pas donner de chiffre mais je sais qu'on a fait de notre mieux.

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Très bien. Et vous, M. Hara, quelle est votre impression sur cet épisode 1?

Tetsuo Hara: Et bien... C'est un roman de M. Buronson qui a servi de scénario pour ce projet. Le scénario de ce projet n'est jamais paru en manga et on en a fait directement un animé. Je pense que ce serait intéressant de comparer le roman et l'animé.

On peut donc l'apprécier de divers angles... Je vois... Et vous, M. Gackt, Votre impression ?

Gakt: Oui, eh bien, Je pense que les fans de l'ancien Hokuto no Ken seront surpris par la très haute qualité de l'image. J'ai moi-même été surpris en le voyant la première fois. J'étais étonné de voir l'évolution des animés ces dernières années.

C'est vrai que l'image est incontestablement très belle. La voix de M. Koyasu Takehito qui joue le rôle de Kenshirô a aussi été le sujet de nombreux débats, paraît-il. Que pensez-vous de la prestation de M. Koyasu? M. Buronson, qu'en pensez-vous?

Buronson: Je l'ai trouvé irréprochable dans ce rôle. Il correspond très bien au personnage et on reconnaît bien là un professionnel du doublage. J'ai pu voir les miracles dont est capable un pro du doublage.

Le fait que M. Koyasu soit un fan de Hokuto no Ken doit jouer pour beaucoup.

Buronson: Je me demandais jusqu'où les gens qui aiment cette oeuvre pourraient aller. Et ce projet a été réalisé par des gens qui aiment sincèrement Hokuto no Ken. J'en suis d'ailleurs très content.

M. Hara, que pensez-vous du Kenshirô de M. Koyasu?

Tetsuo Hara: Je connais M. Kamiya depuis longtemps et il avait exprimé le désir de jouer ce rôle mais comme il ne est plus tout jeune, un acteur plus jeune a été désigné pour déboucher sur un monde plus vaste.

M. Gackt, vous apparaissez à la fin de l'épisode 1 dans le rôle de Seiji. Vous avez fait votre premier doublage. Qu'en avez-vous pensé?

Gakt: Je n'ai encore fait qu'une seule réplique. J'ai été présenté au staff et, dans une ambiance assez tendue, j'ai dit deux mots dans le micro et on m'a félicité pour mon travail... Je n'ai pas tout à fait compris ce qui m'arrivait. Je pense qu'à partir de l'épisode 2, j'aurais de plus longue scène. En réalité, j'espère que mon personnage devienne un personnage aussi apprécié que Kenshirô qui est le personnage principal de cette histoire. Si les spectateurs voient en lui un homme vu sous un angle différent de Kenshirô, je pense que mon travail n'aura pas été vain.

Est-ce que le doublage est un travail si différent de celui de chanteur?

Gakt: Je pense que mon travail est un tout. D'ailleurs, je pense que, au contraire, ce n'est pas fondamentalement si différent. Que ce soit en chant, en comédie ou en doublage, ce n'est pas tant le fond qui change mais la forme. Je pense qu'il ne faut pas "changer" car il doit bien y avoir quelque chose que moi seul puisse apporter. A travers ce projet, c'est une autre facette de moi que j'espère faire découvrir.

On vous a demandé d'interpréter "Oasis", le générique de fin. Il paraît que vous avez écrit Oasis en pensant à Hokuto no Ken. Quelle est l'image que vous avez de Hokuto no Ken?

Gakt: J'ai écrit ce morceau il y a 4 ans. Dès que j'ai fini de le composer, j'ai proposé ce morceau comme générique de Hokuto no Ken mais ce n'était pas la bonne période et ma demande avait été rejetée. Mais pour ce projet, il a été choisi et, comme disait M. Buronson tout à l'heure, voir une de ses créations évoluer pour prendre une nouvelle forme est quelque chose de très heureux. Dans Hokuto no Ken, ce ne sont pas les apparences qui servent les piliers mais le concept de l'homme qui cherche à se surpasser, qui continue sur sa voie malgré tous les obstacles. On cherche tous à savoir jusqu'où on peut avancer malgré les pressions externes et tout le reste, combien de temps on peut tenir sans perdre contre soi-même. Dans ce contexte, les liens qui se tissent sont des conséquences et ce n'est pas pour ces liens que l'on agi. C'est dans cette optique de vivre en homme que l'on trouve d'autre hommes à nos côtés. On retrouve maintes fois ce schéma et c'est en cela que ce manga est un modèle. C'est pourquoi dans cette chanson, il y a tout d'abord le thème de toujours se relever. Quand je la chante, à vrai dire, ça me réchauffe le coeur. Ca me rappelle qu'il y existe des choses qu'il ne faut pas oublier. Ce morceau me le rappelle sans cesse. Pour moi, cette chanson signifie cela. J'espère que ceux qui l'écoutent perçoivent ce que je ressens.

Ce générique de fin a donc une signification particulière! M. Buronson, que ressentez-vous en écoutant cette chanson?

Buronson: Selon le point de vue, on pourrait voir cet animé comme une suite de combats Mais les musiques et les génériques donnent une ambiance plus fashion. Les chansons de M. Gackt montrent un aspect plus stylé. Hokuto no Ken devient quelque peu plus "à la mode". Le côté fashion élargie donc la porté de l'animé. ll aime vraiment Hokuto no Ken et ça se voit. Et j'en suis très heureux.

On peut le voir à travers cela?

Buronson: En effet.

Et vous, M. Hara ?

Tetsuo Hara: J'étais content de voir la popularité de Hokuto no Ken. C'est ce que j'ai ressenti. C'est aussi pour voir grandir les ambitions de ce projet.

Pour finir, pourriez-vous laisser un petit commentaire sur cet épisode ? M. Buronson, à vous l'honneur.

Buronson: Ce projet vient d'un roman que j'ai écrit dans lequel je voulais décrire Kenshirô après la première histoire. C'est en quelque sorte la suite de l'animé précédemment sorti. Où est parti Kenshirô ? Que fait-il ? Je voulais répondre à ces questions-là. J'invite ceux qui se posent ces questions à voir ce premier épisode. S'ils apprécient, je serai très content.

M. Hara. Je vous en prie.

Tetsuo Hara: Si des personnes regardent cet animé sans avoir vu les précédents Hokuto no Ken, J'espère qu'elles regarderont les anciens épisodes. On pense à d'éventuels changements pour la suite alors bon visionnage.

M. Gackt, pour finir.

Gakt: Dans cette histoire de Hokuto no Ken, il existe le concept de l'idéal masculin. J'espère que, partout dans le monde, grâce à cet animé, il y ait de plus en plus d'homme véritable.

Source: Edition Ultime Shin Hokuto no Ken


Quelles ont été les influences qui sont à l'origine de l'oeuvre originale de Hokuto no Ken?

Buronson: Les Influences? Hmmm, pour dire vrai, la base de l'histoire de Hokuto no Ken était... bien, M. Hara a fait équipe avec Horie-kun, le coéditeur et ils ont réalisé un petit manga. Quand le temps est venu de produire une série, il était impossible pour M. Hara de gérer ça seul. J'ai donc été appelé pour le scénario. L'histoire été basé à l'origine sur le petit manga de M. Hara où les arts martiaux et le Hokuto Shinken étaient déjà présents. Quand je suis arrivé j'ai complètement changé l'histoire. À l'origine, le protagoniste était un étudiant au collège. J'ai changé le cadre, l'histoire se passait désormais dans un futur proche, ce nouveau cadre était directement influencé par le film Mad Max. C'était mon idée de faire l'histoire dans une ambiance proche de Mad Max. Nous étions tous sous l'influence des films, vous savez, des films de Bruce Lee jusqu'à Mad Max. Et chacun était d'accord pour dire "faisons un nouveau Hokuto no Ken".

Pour le héros, nous nous sommes bien évidemment inspiré de Bruce Lee, pour l'histoire, de Mad Max. Un "âge sans armes", n'est-ce pas le monde idéal pour mettre en valeur la force physique venant de la maîtrise des arts martiaux?

Quand avez-vous décidé de revenir sur une série considérée comme culte?

Usami Ren: Vous savez, il y a environ 10 ans, la série TV Hokuto no Ken était vraiment populaire. Dans le monde de l'animation japonaise, c'était un grand titre, vraiment un énorme succès. À cause de cela, quand Shin Hokuto no ken s'est créé, nous avons dû le rendre encore mieux que l'original. Comme ce n'était pas vraiment une nouvelle série, nous avons dû lui donner un niveau supérieur en terme de qualité. Les réalisateurs d'animés devaient vraiment avoir confiance en leur capacité. Seulement une certaine de personnes pourraient travailler sur un projet comme celui-là. En tant que producteurs, nous nous devions d'avoir... Enfin, peu importe combien de gens nous aurions voulu pour travailler sur ce projet, nous en voulions toujours plus. Comme c'est un grand titre, et parce qu'il est important, il y avait quelques points sur lesquels nous étions très pointilleux. Rien que pour réunir le staff cela nous a demandé beaucoup de travail, mais ils étaient tous motivés par le projet. Le produit fini est excellent. Maintenant le mélange de la 2D et la 3D est notre point fort, ainsi nous avons voulu produire quelque chose de complètement différent de ce qui avait été fait auparavant. En premier nous avons tout planifié, scène par scène, regardé quand nous utiliserions la 3D et quand nous ferions l'animation via de nouvelles technologies. C'est de cette manière que ce projet a débuté.

Avec la possibilité de mélanger les éléments 2D et 3D, estimez-vous que l'histoire a été mieux racontée? comment avez-vous réagit en voyant votre histoire prendre forme avec cette technologie?

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Buronson: Mmm, la vitesse et les effets visuels sont complètement différents avec cette nouvelle technologie. Puisque c'est de la 3D... par exemple, dans les scènes dans le désert ou autre, nous pouvions faire des scènes prises en hauteur aussi bien que des prises panoramiques. Et dans les scènes avec les motos, nous pouvions avoir les motos roulant en avant avec la 3D. Les choses qui ne seraient tout simplement impossibles via l'animation conventionnelle peuvent être faites par un mixage d'animation 2D et 3D. Enfin, quand vous faites un personnage complètement en 3D, cela semble assez irréaliste, donc les personnages sont faits en 2D. Au final, cela change vraiment en matière de mouvement.

Vous qui avez participé à l'élaboration de l'histoire originale. Comment vous sentez-vous à la vue de cet animé?

Buronson: Et bien, la première chose qui me vient en tête est... que j'aurais du tout faire moi-même! (rires).
Sérieusement, quand vous êtes l'auteur d'une histoire, vous allez en avoir votre propre image dans l'esprit. Ainsi une fois que tout est fini, vous allez avoir quelques doutes sur tout cela, comme "ça c'était différent, ça aussi c'était différent..." Je veux dire, c'est quelque chose que quelqu'un d'autre a fait, bien évidemment ça ne va pas correspondre à votre propre conception. Si vous avez le temps et l'argent et que vous voulez que ça ressemble à votre vision alors vous devez le faire vous-même. Et puis, une fois le produit fini, vous ne pouvez pas revenir en arrière et dire "ça ne va pas, tu devrais faire autrement, ont peut changer ça?" [Usami Ren rit] Entre nous, en considérant les problèmes qui sont survenus, nous ne pouvions pas être satisfait à 100%, n'est ce pas ?

Usami Ren: Quel est votre pourcentage de satisfaction?

Buronson: Uh... bien, je vais être honnête, environ 80 %. Il y avait juste trop de sang qui gicle dans tous les sens. Je n'aime pas ça, les scènes vraiment barbares comme ça.

Usami Ren: Ah.

Buronson: Puisque ces scènes sont présentes... disons que je suis satisfait à 70 %.

Sur le thème de la violence, Hokuto no Ken est perçu en Amérique du Nord comme une histoire très sombre. Y avait-il des thèmes que vous vouliez aborder au delà de cette violence? Et y avait-il une raison précise pour avoir un cadre si extrême?

Buronson: Mmm. L'histoire fondamentale est... Bien, quand les structures sociales ont disparu, vous ne pouvez survivre que par la force brute. Ces l'ère que nous avons imaginé. Ainsi, quand tout se ramène juste à la force physique, la violence finit par régner. Mais qu'est-ce qui peut triompher de la violence? L'amitié, l'amour et les émotions que les gens ont à l'intérieur d'eux. Ceux-ci gagnent sur la violence. L'amour et la compassion sont plus puissants que la violence. C'est le thème sur lequel j'ai écrit l'histoire. Si ce thème n'a pas été correctement compris alors… je ne peux m'en prendre qu'à moi même.

Usami Ren: Non, non! Je suis responsable si cette histoire n'était pas à la hauteur!

Buronson: Mais vous savez, c'est une histoire triste. Dans la première partie de l'histoire, nous voyons la tristesse tant de l'homme que de la femme et vous devez endurer. Vous devez être forts même quand vous ne l'êtes pas, vous devez vivre pour les autres. Vous même ne comptez pas, ce sont les autres qui comptent. La vérité doit être dite, j'ai écrit cette nouvelle histoire en me disant, "je devrais mettre ces éléments tristes dans l'histoire".

Au delà des trois parties que vous avez faites sur Shin Hokuto no Ken, où voudriez-vous commencer et quelle approche utiliseriez-vous pour continuer l'histoire?

Buronson: Et bien, nous commencerions par changer l'équipe de production (rires).

Usami Ren: Vous voulez dire Horie!

Buronson: Si nous devions en faire un autre, nous devrions probablement créer une toute nouvelle histoire et ce serait tout à fait différent. Nous recommencerions probablement Hokuto no Ken, à partir du début. J'aime assez Raoh, vous savez. Je voudrais faire un Raoh un peu plus cool. Je veux dire, les personnages sont déjà connus alors pourquoi ne pas faire de Raoh le personnage principal, à la fois cool et fort. À part ça, oui, recommencer depuis le début et tout refaire complètement. Je pense que ça permettrait de faire une histoire plus intéressante. Ça et aussi changer de producteurs! (rires).

Source: ADV films

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